L’étude déterminante ComPARe a réaffirmé que le cancer de la peau était un problème de santé majeur au Canada et que de grands efforts étaient nécessaires pour le prévenir. Différents contextes permettent de réduire le fardeau du cancer de la peau, mais les écoles primaires et secondaires constituent un environnement privilégié pour le faire. Même s’il faudra peut-être attendre un moment avant que les écoles retrouvent leur routine habituelle et qu’elles acquièrent de nouvelles habitudes après les fermetures en raison de la COVID-19, nous pouvons nous fixer comme objectif d’accroître nos initiatives en milieu scolaire au cours des prochaines années. Au printemps, le retour du temps chaud, la hausse de l’indice UV et la Semaine nationale de la prudence au soleil (du 11 au 17 mai 2020) nous rappellent ce but à long terme.

Le cancer de la peau est la forme de cancer la plus courante au Canada et dans le reste du monde. Il se divise en deux types : le mélanome et le cancer de la peau autre que le mélanome. Le risque de mortalité du mélanome est beaucoup plus élevé que celui des autres types de cancer de la peau. Le cancer de la peau autre que le mélanome (principalement le carcinome basocellulaire et le carcinome spinocellulaire) est rarement mortel, mais il peut être défigurant et il contribue au grand coût économique des cancers de la peau.

Le cancer de la peau est largement évitable, car son facteur de risque principal est l’exposition aux rayons ultraviolets (UV) provenant généralement du soleil ou du bronzage artificiel. Comme l’illustre l’infographique ci-dessous, l’étude ComPARe a révélé qu’environ 4300 cas de mélanome étaient attribuables aux rayons UV au Canada en 2015 et on prévoit que ce nombre augmentera à environ 6100 cas par année en 2042. Pour ce qui est du cancer de la peau autre que le mélanome, environ 60 000 cas étaient attribuables aux rayons UV en 2015 et on prévoit que ce nombre augmentera à plus de 132 000 cas par année en 2042. Toutefois, l’élément le plus important à remarquer est que, si plus de Canadiens se protégeaient du soleil d’ici 2037, environ 12 000 cas de mélanome et 322 000 cas de cancer de la peau autre que le mélanome pourraient être évités d’ici 2042.

Bien que le cancer de la peau soit rare chez les enfants et les adolescents, la surexposition aux rayons UV chez les jeunes accroît leur risque de cancer de la peau lorsqu’ils seront adultes. La prévention en milieu scolaire pourrait donc être cruciale, car les enfants et les adolescents sont à l’école lorsque l’indice UV atteint son point le plus élevé de la journée et le contexte scolaire offre de nombreuses occasions d’enseigner la prudence au soleil. Les stratégies de prévention à l’école peuvent également consolider les stratégies employées dans d’autres contextes clés chez ce groupe d’âge, par exemple les camps en plein air ou la vie familiale.

L’expérience au Canada comme dans le reste du monde et les données sur les stratégies en milieu scolaire nous font découvrir de nombreuses possibilités créatives desquelles nous pouvons nous inspirer pour adopter ou poursuivre certaines initiatives de prévention. Dans les classes, ces stratégies incluent l’emploi d’outils éducatifs comme des chansons, des vidéos ou des simulations des visages des élèves montrant les dommages causés par les rayons UV. Les écoles peuvent planifier des activités extérieures lorsque l’indice UV est faible, adopter des politiques concernant les chapeaux, installer des structures qui donnent de l’ombre ou planter des arbres, faire participer les jeunes et leurs familles, proposer des stratégies complètes, etc. Enfin, les commissions scolaires et les gouvernements peuvent concevoir ou renforcer des politiques de différentes façons, par exemple en exigeant que les écoles appliquent certaines des mesures énumérées plus haut.

Nous avons appris qu’il existe déjà quelques campagnes et programmes formidables dans les écoles du Canada. Par exemple, la Société canadienne du cancer continue d’offrir Bon sens sous le soleil dans plusieurs provinces (comme le Nouveau-Brunswick et l’Ontario), un programme qui se tient principalement dans les écoles et qui est adapté à de multiples aspects du contexte scolaire.

Donnons-nous pour objectif de renforcer nos initiatives de prévention du cancer de la peau en milieu scolaire au cours des années qui viennent. Les résultats de l’étude ComPARe pourront donner de l’élan à ces efforts.

Max Carynnyk, MPH
Doctorant au Département de médecine de population

Université de Guelph

 

 

Merci à Dylan O’Sullivan pour sa contribution concernant les données résumées ci-dessus.

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